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24
fév

3 questions à Jean-Christophe Boulanger (Contexte) 

Contexte, créé par Jean-Christophe Boulanger, Clémentine Forissier et Chloé Moitié, est un Pure Player qui propose un contenu éditorial exclusif et indépendant dédié aux politiques publiques françaises et européennes.
Il s’adresse principalement aux décideurs politiques, à l’administration, aux entreprises, aux fédérations professionnelles ou associations. Il a présenté deux projets au FINP.

#1 – Quel projet avez-vous présenté au Fonds pour l’innovation numérique de la presse (FINP) ?

J-C Boulanger : Contexte a présenté deux dossiers au FINP. Un premier en novembre 2013 et un deuxième en décembre 2014. Le premier concernait le passage au payant.
Au tout départ Contexte s’est lancé sur un modèle gratuit et on a eu pour projet de passer en payant, ce qui voulait dire notamment l’embauche de journalistes, d’une équipe commerciale et du travail technique.

Le deuxième projet, que nous avons présenté en décembre 2014, concerne la création de nouveaux services pour nos abonnés, autour notamment de Hubs politiques. Les Hubs sont un outil de suivi des projets de loi qui agrègent du contenu de multiples formats.

#2 – Où en est le premier projet aujourd’hui, avez-vous trouvé un modèle économique viable ?

J-C Boulanger : Le premier projet est finalisé, c’est-à-dire que nous avons lancé l’offre payante en janvier 2014. On a prévu d’arriver à la rentabilité en quatre ans sur ce modèle payant, ce qui est d’ailleurs une période assez « standard » pour la presse payante sur abonnement. On s’est donc calé sur ce cycle-là pour notre business plan.
Pour l’instant nous ne sommes pas encore rentable mais après la première année d’existence ça se passe très bien, nous sommes un peu au-dessus des prévisions qu’on avait dans notre business plan.

# 3 – Pensez-vous qu’il est plus simple aujourd’hui de trouver un modèle économique quand on est un Pure Player spécialisé ?

J-C Boulanger : Oui, je pense que c’est plus simple. Il y a beaucoup d’avantages de s’adresser à une communauté définie.

Sur un modèle payant d’abord, on atteint plus facilement une position de leader sur une niche définie que sur un périmètre très large. Or un lecteur s’abonne à un, voire deux journaux, surtout dans un univers professionnel, donc il s’abonne au meilleur, au leader, peut-être à un deuxième mais pas à d’autres, car leur temps est limité. Donc du coup il y a une sorte de prime au leader naturel.

Ensuite, même sur un modèle publicitaire, c’est plus simple d’être spécialisé car les lecteurs sont plus facilement qualifiés par les annonceurs. Par exemple, la presse gratuite spécialisée sur l’informatique marche assez bien, elle a une facilité auprès des annonceurs.

# 4 – Quelles seront les prochaines étapes de votre développement ?

J-C Boulanger : Nous travaillons activement à un re-design global du site, Il permettra d’améliorer l’organisation et la navigation dans le site, mais aussi la mise en avant des hubs politiques, à travers l’intégration de tous nos contenus.
On propose par exemple une base de données sur les positions des lobbys, https://positions.contexte.com/, qui existe pour l’instant en version bêta, qui est un peu à part sur le site et donc là ce travail va permettre d’intégrer ces positions mieux dans notre contenu.

# 5 – A quoi ressemblera le futur des médias et à quoi faut-il rester attentif et vigilant ?

J-C Boulanger : Grande question !
Alors ce qui rend très optimiste c’est que les gens n’ont jamais utilisé autant de médias qu’aujourd’hui, donc il y a un taux de consommation médias qui ne fait que croitre. Ce qui rend aussi très optimiste c’est que l’offre grandit et qu’il y a de plus en plus d’offres de contenus disponibles.

Mais il faut rester attentif à l’égard des usages, c’est-à-dire que ce n’est pas comme s’il y avait une révolution internet qui avait tout changé et qui s’était figée, les usages sont encore mouvants. Le mobile, par exemple, n’a pas tout donné de son potentiel, les montres connectées peuvent créer des usages nouveaux pour les médias, on n’est pas au bout de cette révolution des usages.

Je pense qu’il faut également rester attentif aux nouveaux formats que prend l’information, la technologie papier en fait avait tendance à restreindre la presse au format article, c’est-à-dire un texte éventuellement accompagné d’une photo, ou l’inverse une photo accompagnée de texte. Il y a beaucoup à penser pour créer des nouveaux formats qui sont aujourd’hui permis par le numérique mais finalement on reste encore très classique dans le numérique en général, on n’a pas du tout encore réinventé les formats à la hauteur de ce que permet la technologie.

Une chose à laquelle il faut rester attentif également c’est l’ère de la conversation, c’est-à-dire que le numérique a fait basculé le format d’un truc figé, imprimé qui était ensuite distribué à tout le monde, à une discussion permanente entre ceux qui écrivent et ceux qui lisent et cela ne partira pas, c’est là pour durer. Donc il faut prendre ça en compte durablement.

L’avenir se situe en tout cas résolument vers le numérique. Toutefois je ne crois pas à la fin du format papier, on le voit dans l’histoire : chaque technologie n’a pas tué l’ancienne technologie, elle les a remises à leur place on va dire.
Il y a plein de technologies qui restent mais il est certain que le papier va prendre une place qui ne sera plus centrale. Pendant longtemps le papier a été le support central, essentiel de transmission de l’information, ce qui va se passer c’est que le numérique est déjà a beaucoup d’égard et va l’être encore plus le support central de l’information.

Pour en savoir plus sur Jean-Christophe, rendez-vous sur sa page ‘speaker’

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